Comprendre la voileSécurité, vocabulaire, le vent, le bateau, la voile
Mes responsabilités sur le bateau
Ne jamais lâcher le bateau. Un bateau, même chaviré, ça se voit de loin. Une tête dans l'eau, presque pas.
Toujours sortir avec le gilet de sauvetage, mis et fermé.
Je suis maître à bord. De grandes libertés vont avec de grandes responsabilités.
Toujours garder un œil sur les copains, sur mon bateau et sur les autres.
Le chavirage : comment on redresse
Un sur la dérive : il monte dessus, attrape un bout (l'écoute de foc ou le bout de redressage) et se penche en arrière. Son poids fait levier et le bateau se relève.
Un qui remonte directement à bord, depuis l'intérieur : il reste dans le bateau, côté eau, et se laisse ramasser quand le bateau se redresse. Une fois à bord, il équilibre et aide l'autre à remonter.
Toujours avoir un œil sur son copain : on se parle, on vérifie que l'autre va bien et où il est.
Ne jamais lâcher le bateau.
Se repérer : bâbord, tribord, au vent, sous le vent, amures
Les allures
Lofer, abattre, border, choquer, virer, empanner
Lofer : tourner pour rapprocher l'avant du bateau du vent. On pousse la barre du côté de la voile.
Abattre : tourner pour éloigner l'avant du bateau du vent. On tire la barre vers soi.
Border : tirer sur l'écoute, la voile se rapproche de l'axe du bateau.
Choquer : relâcher l'écoute, la voile s'écarte de l'axe du bateau.
Virer (virer de bord) : changer d'amure en passant l'avant du bateau face au vent. On lofe jusqu'à passer le lit du vent, la voile change de côté.
Empanner : changer d'amure en passant l'arrière du bateau face au vent. On abat jusqu'à passer vent arrière, la bôme passe d'un côté à l'autre : attention à la tête.
Le vent : risée, molle, adonnante, refusante, vent apparent
Le bateau : gîte, contre‑gîte, rappel, faseyer, chavirer
L'Optimist : le vocabulaire du bateau
Le RS Feva et le 29er : le vocabulaire du bateau
L'échelle de Beaufort
L'échelle de Beaufort mesure la force du vent en chiffres, de 0 (calme) à 12 (ouragan). Chaque force correspond à une vitesse du vent et à ce qu'on voit sur l'eau et à terre. On dit « force 3 », « 4 Beaufort ». Pour nous, l'essentiel se joue entre 0 et 7.
1 nœud = 1 mille marin par heure = 1,852 km/h. Sur un lac, les vagues restent plus petites et plus courtes qu'en mer : on regarde surtout la couleur de l'eau, les moutons et les embruns.
Lire la force du vent : arbres et couleur de l'eau
Beaufort–
Vent–
Sur l'eauÀ terre
Les arbres : d'abord les feuilles qui bougent, puis les petites branches, puis les grosses, puis l'arbre entier.
La couleur de l'eau : plus il y a de vent, plus l'eau est sombre. Une tache plus foncée qui avance sur l'eau, c'est une risée : du vent qui arrive.
Les moutons : les petites crêtes blanches apparaissent vers force 3 et deviennent nombreuses à force 4.
Conditions navigables ?
Quel vent pour quel niveau.
Vent–
Pour naviguer–
De force 1 à force 3 : pour tous les niveaux.
Dès force 4 à force 5 : challenging pour les niveaux 1 à 3.
De force 5 à 6 : challenging pour tous les niveaux.
22 nœuds et plus (force 6) : prudence, la casse matérielle sur une erreur devient plus probable.
Dès force 7 (28 nœuds et plus) : retour au port obligatoire.
Le plan anti‑dérive : pourquoi on dérive un peu
Cap (où pointe l'étrave)Route réelleForce latérale des voilesRésistance du plan anti‑dérive
Dérive (angle)–entre le cap et la route
Route réelle–par rapport au vent
Les voiles poussent vers l'avant… et sur le côté. Au près, la force latérale est même plus grande que la force vers l'avant.
Le plan anti‑dérive, c'est tout ce qui est dans l'eau et s'oppose à cette poussée : la coque, la dérive et le safran.
La dérive ne fait plan anti‑dérive que si l'on avance : il faut que l'eau s'écoule le long de la dérive. À l'arrêt, elle n'a que très peu d'effet, et donc le bateau dérive.
Et pour que l'eau la retienne, il lui faut un petit angle. Le bateau avance donc en crabe : il dérive légèrement, de quelques degrés, même bien réglé.
Dérive relevée, plus de plan anti‑dérive : le bateau glisse sous le vent.
La gîte : un bateau gîté dérive beaucoup
Dérive efficace–profondeur utile
Dérive (angle)–cap → route
Vitesse–comparée au bateau plat
Quand le bateau gîte, la dérive se couche : elle descend moins profond et pousse en partie vers le haut au lieu de retenir sur le côté.
Le plan anti‑dérive perd de son efficacité : le bateau dérive beaucoup plus.
En plus, la carène gîtée freine et le bateau veut lofer : il faut barrer contre, le safran freine aussi.
C'est pour ça qu'on veut des bateaux plats : rappel, réglages, et on choque avant de gîter.
Le safran : comment le bateau tourne
L'eau qui passe sur le safranForce de l'eau sur le safran
Le bateau tourne–
Le safran freine–
Le safran est un aileron dans l'eau, à l'arrière du bateau. Comme la voile avec l'air, il dévie l'eau qui passe dessus, et l'eau le pousse en retour.
On pousse la barre d'un côté, le safran part de l'autre côté. L'eau pousse l'arrière du bateau, et le bateau pivote : il tourne du côté opposé à la barre.
Il faut de la vitesse : si le bateau est arrêté, l'eau ne coule pas sur le safran : il ne fait rien.
Des petits mouvements : plus on met de barre, plus le safran freine. Au‑delà d'environ 30°, le safran décroche : il freine beaucoup et tourne mal.
Le safran quand on recule : c'est inversé
L'eau qui arrive par l'arrièreForce de l'eau sur le safran
L'avant tourne–
En reculant, l'eau arrive par l'arrière sur le safran : elle le pousse dans l'autre sens.
Tout est inversé : on pousse la barre d'un côté, l'avant part du même côté que la barre. L'arrière part du côté du safran.
Quand recule‑t‑on ? Arrêté bout au vent, le vent pousse le bateau en arrière. Le barreur doit le sentir et tenir sa barre en conséquence.
Attention : en reculant, le safran force beaucoup. On tient la barre fermement, sans à‑coups, et avec des petits angles.
Comment fonctionne la voile : les forces
Force de la voilePropulsion (vers l'avant)Force latérale (sur le côté)
Propulsion–part de la force vers l'avant
Force latérale–part de la force sur le côté
L'air sur la voile–
La voile dévie l'air. L'air arrive, suit la courbe de la voile et repart dans une autre direction. En le déviant, la voile reçoit une force dans l'autre sens.
Cette force est à peu près perpendiculaire à la voile, côté sous le vent. Elle se décompose en deux : la propulsion, vers l'avant, et la force latérale, sur le côté.
Au près, la force latérale est plus grande que la propulsion : le bateau gîte et veut dériver. C'est le plan anti‑dérive qui la retient.
En s'éloignant du vent, la force tourne vers l'avant : au travers et au largue, presque tout pousse le bateau.
Au vent arrière, l'air ne glisse plus le long de la voile : il la pousse. La voile freine l'air comme un parachute.
Schéma simplifié. L'air dessiné est le vent que sent le bateau en avançant (vent apparent) : il vient plus de l'avant que le vent réel.
Pourquoi on n'avance pas face au vent
Le bateau avance ?–
L'air sur la voile–
La voile a besoin que l'air arrive avec un angle pour le dévier et recevoir une force.
Face au vent, la voile se met dans l'axe du vent, comme un drapeau : elle faseye, elle ne porte pas. Le bateau s'arrête et finit par reculer.
Il y a une zone d'environ 40 à 45° de chaque côté du vent où l'on n'avance pas.
Pour aller vers le vent, on tire des bords au près, de part et d'autre de cette zone, en virant de bord : on louvoie.
Pourquoi on choque les voiles au portant
Angle de l'air sur la voile–angle d'incidence
Propulsion–comparée au bon réglage
L'air sur la voile–
Quand on abat, le vent vient de plus en plus de l'arrière. Si la voile reste bordée, l'air la frappe avec un angle beaucoup trop grand.
La voile décroche : l'air ne suit plus le côté sous le vent, il tourbillonne. La force diminue et part sur le côté : le bateau gîte, veut lofer, et freine.
En choquant, on remet la voile au bon angle par rapport à l'air : il recolle à la voile, et la force tourne vers l'avant.
Trop choquée, la voile faseye : elle bat, elle ne porte plus.
Le bon réglage : on choque jusqu'à ce que le guindant commence à faseyer, puis on reborde juste un peu.
S'arrêter simplement : on choque les voiles
Vitesse–comparée à la vitesse bordée
Les voiles–
Pour s'arrêter, on choque les voiles en grand : elles faseyent, elles ne portent plus.
On choque les voiles, on lofe un peu, puis on abat : le bateau perd sa vitesse et s'arrête.
Sans force dans les voiles, le bateau ralentit tout seul, freiné par l'eau.
On ne vire pas face au vent pour s'arrêter : on choque.
S'arrêter efficacement : choquer, lofer, pousser la bôme, abattre
Vitesse–comparée à la vitesse de départ
Étape–
On choque les voiles : elles ne poussent plus.
On lofe : le bateau remonte vers le vent et perd sa vitesse.
L'équipier pousse la bôme sous le vent, loin dehors : la voile prend le vent à l'envers et freine le bateau.
Alors qu'il reste encore un peu de vitesse, le barreur abat et on choque : le bateau ne part pas en arrière et reste maître de sa direction.
Le bateau est arrêté, voiles choquées, prêt à rester arrêté ou à repartir.
Comment rester arrêté
Angle au vent50–55°ni trop près, ni trop loin
Voileschoquéeselles faseyent
Safranvers le ventlégèrement
Gîtecontre‑gîtelégère, vers le vent
Un angle d'environ 50 à 55° du vent.
Les voiles choquées : elles faseyent, elles ne poussent pas.
Le safran légèrement en direction du vent.
Le bateau dérive doucement sous le vent : il ne garde pas sa hauteur (voir « Comment rester arrêté sans bouger »).
Le bateau en légère contre‑gîte (il penche un peu vers le vent) : la bôme et la voile retombent sous le vent et faseyent librement, et le bateau a tendance à abattre plutôt qu'à remonter bout au vent.
Comment rester arrêté sans bouger
On garde sa hauteur : utile avant un départ, ou pour attendre à côté du coach.
–
Cap50–55°on garde le même cap
Grand‑voile–
Foc–
Safran–
On garde le même cap, à 50–55° du vent.
La grand‑voile un peu bordée : on utilise l'arrière de la grand‑voile pour garder le nez orienté face au vent.
Très peu de foc bordé : le bateau avance un tout petit peu, ce qui contre l'effet de la dérive.
La barre poussée sous le vent : le safran est orienté pour lofer, juste ce qu'il faut pour garder le même cap.
Effet : on dérive légèrement, mais on garde sa hauteur.
Comment démarrer depuis l'arrêt
Vitesse–comparée à la vitesse établie
Gîte–
On part de la position arrêtée, à environ 60° du vent, voiles choquées.
On met le safran droit.
On borde, progressivement, tout en gérant la gîte : on se met au rappel à mesure que la voile se remplit.
On borde, on abat un peu : dès qu'on a de la vitesse, on part dans la direction que l'on souhaite.
L'équilibre : le foc, la grand‑voile et la dérive
–
Le bateau tourne autour de sa dérive, comme une girouette autour de son axe.
Le foc pousse devant la dérive : il pousse l'avant sous le vent, le bateau abat.
La grand‑voile pousse derrière la dérive : elle pousse l'arrière sous le vent, l'avant remonte, le bateau lofe.
Un bateau qui a tendance à abattre (on dit qu'il est mou) a trop de force dans le foc par rapport à la grand‑voile.
Un bateau qui a tendance à lofer (on dit qu'il est ardent) a trop de force dans la grand‑voile.
Un bon réglage : un bateau très légèrement ardent, la barre presque au milieu. La gîte le rend plus ardent : bateau à plat.
En résumé : la grand‑voile fait le cap, le foc fait la vitesse.
L'équilibre sans foc : l'Optimist
Une seule voile, le mât très en avant : c'est le réglage de la voile qui fait tourner le bateau.
–
Pas de foc : une seule voile, avec le mât très en avant du bateau.
Le bateau tourne autour de sa dérive, comme une girouette.
Le centre de poussée vélique (à peu près le milieu de la voile) bouge quand on règle la voile.
Border aide à lofer : la voile revient dans l'axe, le centre de poussée recule derrière la dérive, l'arrière part sous le vent, le bateau lofe.
Pour abattre, il faut d'abord choquer : la voile s'ouvre, le centre de poussée avance devant la dérive, l'avant part sous le vent, le bateau abat. Voile bordée, la barre seule se bat contre la voile.
À retenir : une voile bien réglée, c'est un safran qui a peu de force. Le bateau ne veut ni trop lofer, ni trop abattre.
À l'arrêt : tourner avec les voiles
–
Arrêté, le safran ne sert presque à rien : il faut de la vitesse pour qu'il tourne le bateau. On tourne avec les voiles.
Pour partir au portant : on borde le foc et on laisse la grand‑voile choquée. Le foc pousse l'avant, le bateau abat.
Une fois dans la bonne direction, on règle la grand‑voile pour équilibrer le bateau et on repart.
Pour remonter vers le vent : l'inverse. On borde la grand‑voile, foc choqué : elle pousse l'arrière, le bateau lofe.
Sur l'Optimist, sans foc : on pousse la bôme vers le vent pour abattre (la voile prend le vent à l'envers et fait tourner l'avant), et on borde pour lofer.
Arrêté bout au vent : comment en sortir
Étape–
Arrêté bout au vent : la voile faseye dans l'axe, le bateau commence à reculer.
On pousse la bôme sur le côté : la voile prend le vent à l'envers, le bateau recule et l'avant tourne.
Safran sous le vent : on pousse la barre du côté de la bôme. En reculant, c'est inversé : l'avant part du côté de la barre, le bateau abat.
Quand la bôme ne tire plus (le vent arrive sur le côté), le barreur tire sa barre, on borde la grand‑voile et on se met au vent.
Le bateau avance : on règle et on repart.
Amener le bateau à la mise à l'eau : voiles qui faseyent
–
Plan simplifié d'après la vue aérienne du port de Bevaix.
Mettre à l'eau et partir : Joran, sud‑ouest ou bise
Joran et sud‑ouest : mise à l'eau au sud‑est du port. Bise : rampe au milieu du port.
Étape–
Safran et dérive–
Arriver à la mise à l'eau : Joran, sud‑ouest ou bise
Joran et sud‑ouest : mise à l'eau au sud‑est du port. Bise : rampe au milieu du port.